Cet orchestre a été confié à Enrico RAVA par l’auditorium du « Parco Della Musica » de Rome. L’Italien aux longs cheveux cendrés et à la moustache dorénavant immuable nous laisse à chaque note percevoir toute l’étendue de son jeu passionné. Issu du bop, qui continue de l’inspirer, et vétéran des sulfureuses batailles du free pour y avoir fait quelques incursions décisives, sa voix déchire délicatement le ciel pour rejoindre les plus belles étoiles en la matière, celles de Miles Davis et de Chet Baker naturellement. A la fois héritier et passeur, il s’amuse sereinement des alternances souffle et silence, phrasé et mélodie, pour toucher à un lyrisme embrassant la pluralité des jazz et de ses amours. Lyrisme, le mot est lâché : il situe aussi bien le phrasé du souffleur que les mélodies qu’il écrit et, évidemment, le répertoire du « Songbook » qu’il explore avec les plus enthousiasmants musiciens italiens de la jeune génération.